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Contre la raréfaction de l’eau : s’appuyer sur la nature ou la contraindre ?

22Jan2021

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En regardant les dernières actualités sous le prisme du climat et notamment sous le prisme de la ressource en eaux, nous avons vu s’entrechoquer en quelques jours deux solutions radicalement différentes. La gestion de la ressource étant un sujet complexe souvent associée à d’autres enjeux (végétalisation, préservation de la biodiversité ….) il est difficile de comparer stricto sensu  deux solutions mais je vais m’y attacher avec toutes les précautions nécessaires.

pluies forcées

L’objectif : lutter contre la désertification

La cause initiale est à chaque fois la même. Le changement climatique modifie le régime des pluies entraînant des épisodes pluvieux de moins en moins fréquents mais de plus en plus violents. Cette rareté des pluies entraîne une fragilité des cultures, des forêts et de l’ensemble des espaces végétalisés, laissant la place à un sol de plus en plus sec et de moins en moins fertile.

  • Dans les régions les plus chaudes et sèches, à force de s’appauvrir, les sols meurent et laissent la place au désert. C’est le cas dans de nombreux pays africains situés aux abords du Sahara et du Sahel.
  • Dans d’autres régions c’est la baisse du rendement des cultures qui est la conséquence la plus lourde de cette raréfaction des précipitations. La conséquence est aussi une désertification mais celle-ci est dans un premier temps celle des campagnes.
Des arbres dans le désert qui forme une muraille

La muraille verte : une solution basée sur la nature sur le continent africain et en chine.

En Afrique le projet de la muraille verte initié en 2007 et relancé il y a quelques jours est un projet phare de l’Union africaine. Pour lutter contre la désertification, il est envisagé de créer une couverture forestière large de quelques kilomètres (une quinzaine) qui s’étendrait de l’est à l’ouest du continent soit 7000 kilomètres. Cette muraille végétale offre de nombreux avantages dont celui de de recréer un environnement vivant et un sol riche. L’apport de ces végétaux nourrit le sol qui redevient riche de nutriments via la création d’une litière qui sol agit comme une éponge et stocke l’eau de pluie. Dans le même temps les végétaux grâce au phénomène de évapotranspiration augmente l’humidité ambiante et favorisent l’apparition de nouveaux épisodes pluvieux .

De son côté, le gouvernement chinois tente de lutter contre le désert de Gobi via la plantation de forêts. Les résultats sont pour l’instant mitigés car les forêts plantées, très consommatrices d’eau participent à l’épuisement des

Les pluies forcées : solution mise en place par le gouvernement chinois

En Chine une solution plus radicale qui n’a pas pour objectif de recréer le cycle naturel de l’eau est aussi utilisée. L’objectif est de forcer l’humidité naturelle de l’air à se transformer en nuages puis en pluies en envoyant dans l’atmosphère de l’iodure d’argent. Ces fines particules permettent à l’humidité de s’agglomérer, de condenser et donc de se transformer en gouttes. Cette méthode à la différence de la muraille verte ne se base pas sur la nature pour recréer un cycle naturel de l’eau mais au contraire impose encore plus l’empreinte de l’homme. Forcer les pluies à un endroit donné à un moment donné c’est modifier le fragile équilibre. Cette méthode a pourtant l’écoute de quelques pays. Les États-Unis ont fait de nombreux tests il y a quelques années et quelques pays du Golfe envisagent cette solution pour récupérer quelques gouttes de ce précieux liquide. La Chine a déjà utilisé cette solution pour un tout autre objectif. I il s’agissait de créer une pluie artificielle quelques heures avant la cérémonie d’ouverture des J.O de Pékin pour s’assurer de ne pas être gêné par une averse intempestive lors de celle-ci.

Un avion équipé de canons à iodure d'argent

Des choix politiques aux lourdes conséquences

A travers ces 2 exemples nous constatons que pour un même objectif nous pouvons par nos choix techniques et politiques influer fortement sur le climat.

  • Soit nous décidons d’aider la nature à reprendre ses droits et nous nous appuyons sur sa formidable capacité à réguler le cycle de l’eau.
  • Soit nous décidons de forcer la nature à répondre à nos besoins du moment au risque de dérégler définitivement le fragile équilibre du climat.

A titre personnel, mon choix est fait.

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