Lexique

Kesako l’abattement des eaux pluviales?

16Avr2021

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L’abattement des eaux pluviales consiste à ne pas rejeter dans les réseaux publics tout ou partie des eaux récoltées sur votre parcelle lors de chaque épisode pluvial.

  • Pour déterminer un abattement partiel, nous parlons en « hauteur d’eau » ou en « lame d’eau ».
  • Pour un abattement total, l’expression la plus couramment utilisée est « zéro rejet ».

Prenons un exemple pour un abattement partiel :

Dans le cadre d’une construction, le PLU de votre commune impose un abattement d’une lame d’eau de 10mm. Vous devez dans ce cas, chaque jour de pluie, conserver sur votre parcelle les 10 premiers millimètres de pluie. Si votre parcelle est de 500m2, un volume de 5000 litres doit être conservé sur site et ne pas être rejeté au réseau public (500m2*10mm = 5000 litres).

Pour un abattement total ou « 0 rejet », aucune eau pluviale ne peut être évacuée en dehors de la parcelle.

Quelle est la lame d’eau à abattre ?

Les données sont variables d’une commune à l’autre, voire d’un quartier à l’autre dans les plus grandes communes. Ces variations s’expliquent par les nombreux facteurs qui interagissent dans le cycle de l’eau (densité de l’urbanisation, sensibilité du milieu récepteur, régime pluviométrique, capacité d’infiltration du sol, ….).

En règle générale, quand les PLU (ou SDAGE, SAGE, …)  n’exigent pas une gestion des eaux pluviales en zéro rejet (plutôt exigé dans des zones de faible densité), les hauteurs d’eau d’abattement sont comprises entre 8 et 15mm.

Quelques cas concrets :

Lyon Métropole : l’abattement minimum est d’une lame d’eau de 15mm.

Paris : Le plan Parispluie impose un abattement d’une lame d’eau de 8mm en zone normale (4mm en zone réduite et 12mm en zone renforcée).

Nantes : Les attentes de la collectivité sont d’une hauteur d’eau de 15mm.

Pour attendre cet objectif d’abattement, certaines communes comme Rennes, ont  une approche légèrement différente en imposant des coefficients de biotope (obligation d’intégrer dans les projets des espaces verts dont certains en pleine terre).

L’abattement = rétention ?

L’abattement des eaux pluviales est souvent confondu avec la rétention de ces eaux pluviales. C’est une erreur car les objectifs et les solutions de ces deux termes sont différents. L’abattement permet de réduire les volumes d’eau rejetés dans les réseaux et de limiter l’afflux de pollution transportée par les eaux pluviales. Cette solution, permet de se rapprocher du cycle naturel de l’eau en s’aidant des capacités offertes par la nature. L’abattement a très grande efficacité sur les petites pluies, appelées aussi pluies courantes. Ces précipitations faibles peuvent représenter jusqu’à 80% des volumes d’eau annuel. A contrario, la rétention n’a pas vocation à réduire le volume d’eau rejeté au réseau, mais son débit de pointe. La rétention est destinée à gérer les pluies intenses et violentes.

BAttement par les végétaux

Quelles sont les techniques pour abattre les eaux pluviales?

Pour réduire le volume d’eau de pluie rejeté dans les réseaux, trois techniques sont possibles :

L’infiltration qui consiste à renvoyer les eaux dans le sol, en profondeur, par percolation.

L’évapotranspiration qui consiste à faire boire cette eau récoltée par des végétaux. Ceux-ci peuvent être positionnés en toiture ou au sol.

La valorisation des eaux de pluie qui consiste à utiliser cette ressource pour des applications non alimentaires et non corporelles.

Chacune des techniques évoquées ci-dessus possèdent ses avantages mais aussi ses limites d’application. Pour une meilleure efficacité et une maîtrise des coûts d’investissement, il est recommandé de les associer.

 

Des solutions de mise en œuvre très nombreuses

Il existe de nombreux produits ou solutions qui permettent de réaliser de l’infiltration (noues, tranchées filtrantes, puits d’infiltration, revêtement perméable …), de l’évapotranspiration (mur végétalisé, toiture terrasse végétalisée, ….) mais dans tout les cas, celles qui sont basées sur la nature sont à privilégier.

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