Et les ressources alternatives

Lavage de véhicules : récupérer les eaux de pluie pour compenser les arrêtés sécheresse – idée géniale ou ineptie?

05Avr2021

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L’eau : une ressource précieuse

Si l’eau est une ressource abondante, l’eau potable est plus rare et plus précieuse. Cette rareté va s’accentuer dans les années à venir pour des raisons multiples dont :

  • L’accroissement de nos besoins lié à l’évolution démographique et à nos modes de vie.
  • La modification des régimes climatiques qui entraîne des pluies de moins en moins fréquentes mais de plus en plus violentes.
  • L’imperméabilisation des sols qui diminue les possibilités d’infiltration de ces pluies et la recharge des nappes phréatiques.
  • …..

D’épisodes de sécheresses en inondations, la pluie n’est pas un long fleuve tranquille et nous prenons conscience de la nécessité de protéger cette ressource en réservant l’eau potable aux applications nobles c’est-à-dire : l’alimentation humaine et l’hygiène.

Quelles conséquences en cas de manque d’eau?

La pénurie d’eau peut se traduire par la publication d’arrêtés sécheresse. Le lavage de véhicules peut ainsi être interdit pendant plusieurs mois (durée moyenne d’un arrêté sécheresse).

Pour un transporteur, dont l’image est transmise entre autres par la propreté de ses véhicules, les conséquences des arrêtés sécheresses peuvent être lourdes. Pour le gérant d’une station de lavage automobile, la perte d’exploitation peut se révéler désastreuse.

 

Quelles solutions pour un professionnel?

La préservation de la ressource est devenue un impératif pour ces professionnels. Parmi les solutions technologiques existantes, le recyclage des eaux de lavage et/ou la récupération des eaux de pluie permettent une continuité de l’exploitation des installations de lavage.

Lavage de véhicules avec de l’eau de pluie : un contexte potentiellement idéal!

Pour qu’une récupération des eaux de pluie soit intéressante, il est nécessaire d’avoir une bonne adéquation entre :

  • le besoin = les volumes d’eau de pluie consommés
  • la ressource = les volumes d’eau de pluie récupérés (qui sont dépendants de la surface de toiture et de la pluviométrie)

Dans le cas d’un transporteur routier, l’équation est idéale :

  • Les besoins sont élevés : le lavage des camions nécessite des volumes d’eau importants – on estime entre 300 et 500 litres la consommation d’eau pour nettoyer l’extérieur d’un camion via un portique. Le lavage d’une voiture nécessite entre 50 et 150 litres (haute pression ou portique)
  • La ressource peut être abondante : la surface de captage de l’eau de pluie est importante si l’installation de lavage est à proximité d’un entrepôt de stockage, d’un supermarché ou d’une concession automobile par exemple.

Le ratio récolte / consommation est aussi très favorable pour une concession automobile ou pour une station de lavage adossée à une grande surface commerciale.

Mais récupérer l’eau de pluie en période de sécheresse n’est-ce pas contre-intuitif?

 

A chaud, il est légitime de penser qu’installer un récupérateur d’eau de pluie pour faire face aux restrictions des arrêtés sécheresse est absurde.

 

 

Et si ce raisonnement était faux ?…………………….

 

…. si les arrêtés sécheresse n’étaient pas la conséquence d’un manque de pluies estivales mais automnales………

 

………………………..prenons un peu de recul et analysons un cas concret.

Analyse d’un cas concret

Analysons les effets de la mise en place d’un système de récupération des eaux de pluie chez un transporteur routier depuis la date de déclaration d’un arrêté sécheresse.

Hypothèses de travail :

  • Lieu : Rennes (35). Le département de l’Ille et vilaine est en arrêté sécheresse depuis le 24 février 2017.
  • Surface de toiture : 10.000m2
  • Nombre de véhicules : 100 camions
  • Type de lavage : portique – type rouleau
  • Consommation par lavage : 300 litres
  • Récupérateur d’eau de pluie : citerne de 40m3 + unité de surpression
  • Les camions sont lavés le vendredi pour 70% de la flotte et le samedi pour les 30% restants.

Nous partons de l’hypothèse (défavorable) que la cuve d’eau de pluie est vide à la date du début de l’arrêté sécheresse. Nous considérons que le transporteur routier ne fait pas appel à un appoint en eau de ville lorsque la citerne est vide.

Résultat de l’étude

L’étude consiste à analyser jour après jour l’effet de la pluviométrie sur le volume d’eau de pluie stocké et sur la capacité de lavage des véhicules.

Le graphique ci-contre

  • le volume d’eau (en m3) présent dans la citerne (courbe marron).
  • sous forme d’histogrammes (en bleu), les lavages de camions effectués en eau de pluie (les lavages sont effectués les vendredis et samedis, à raison d’un ratio de 70/30).
  • En dehors d’une période de deux semaines pendant laquelle le volume de la citerne a été faible et le nombre de lavage fortement réduit, la quasi totalité des lavages souhaités est effectuée. Durant les 3 premiers mois d’arrêtés sécheresse le taux de nettoyage des véhicules est proche de 80%.

Le graphique ci-contre nous présente

  • le nombre de lavage effectués – histogramme bleu
  • le nombre de lavages qui n’ont pas pu être réalisés du fait d’une absence d’eau de pluie – histogramme marron (nous considérons que le transporteur ne souhaite pas faire appel à l’eau de ville en cas de cuve vide).

Ce graphique confirme que la mise en place d’un système de récupération des eaux de pluie permet de réaliser la quasi-totalité des lavages effectués habituellement.

La pluviométrie associée à la surface de captage permet au transporteur de conserver une qualité de service et une bonne image de marque grâce à des véhicules propres.

 

Conclusion

CQFD : la récupération des eaux de pluie, contrairement aux idées reçues est efficace même en période de sécheresse.

  • Sans cette valorisation des eaux de pluie, notre transporteur serait soumis à des interdictions de laver ses véhicules ou à devoir les laver dans d’autres centres, équipés de systèmes de recyclage.

Les conséquences d’une installation des eaux de pluie sont donc :

  • une amélioration de son image avec une flotte de camions propres tout au long de l’année.
  • un impact financier important :
    • Utilisation de son portique de lavage tout au long de l’année.
    • Economie d’eau – plus de 300m3 en 3 mois.
  • Un impact environnemental
    • Réduction de la consommation d’eau potable ou issue de nappes (forage)
    • Diminution des eaux de pluie rejetées dans les réseaux d’eau pluviales

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