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Stockage d’eau de pluie – toujours plus grand

07Juin2022

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Linkedin – juin 2021 : 2 cuves de 45.000 litres soit 90.000 litres pour assurer l’arrosage des espaces verts d’une école. A première vue, un projet ambitieux ……mais…….si on analysait cette récupération d’eau de pluie en détail.

Un volume de stockage d’eau de pluie équivalent à 3 mois de consommation.

A la lecture du titre de ce post, je m’imagine que le volume d’eau  consommé pour l’arrosage doit être très important comme la surface de toiture.

La lecture du corps du message linkedin m’apprend que la consommation quotidienne d’eau n’est que de 900 litres de mai à septembre et d’à peine 450 litres d’octobre à avril.

 

 

Habitué à traiter ce type de dossier, je m’étonne de constater une consommation d’eau en hiver pour l’arrosage mais soit.

Là où je tique c’est sur le volume stocké qui me semble surdimensionné. 90.000 litres pour une consommation quotidienne maximale de 900 litres = 100 jours d’autonomie soit plus de trois mois.

 Et pourquoi pas un an de consommation?

Pluviométrie Alboussière

Ce projet est-il aberrant ?

La première question qui se pose est la suivante : le site est-il situé dans une région dont la pluviométrie est nulle pendant 3 mois? Dans quel désert récupère t’on l’eau de pluie ? Une fois de plus la réponse est dans le post. Il ne s’agit pas d’un désert aride mais d’une commune de l’Ardèche.

L’analyse des données météorologiques montre qu’il pleut les mois d’été en Ardèche. Ces pluies sont moins fréquentes qu’en automne mais elles sont suffisantes pour remplir la citerne. Le graphe ci-contre montre que la pluviométrie moyenne du mois le plus sec (juillet) est de 40mm. Soit 40 litres d’eau récupéré par m2 de toiture.

Une toiture de 800m2 (la surface totale de l’école en question) permet de récupérer lors de ce mois sec, 32.000 litres d’eau. C’est précisemment la consommation du mois. Un stockage de 30m3, était donc largement suffisant. Ce stockage permettrait de stocker les pluies d’orages violents en vue d’alimenter l’arrosage lors des jours sans pluie.

 

Surdimensionnement : quelles conséquences ?

Conséquence financière : Deux citernes de 45.000 litres vs une seule citerne de 30m3. Entre les coût d’achat et de livraison, les coûts de terrassement , de raccordement, … le budget aurait été réduit de 20.000€ minimum (30.000€ me semble plus proche de la réalité)

Conséquence environnementale : 2 citernes = deux fois plus de matières premières, deux transports (les citernes ont parcourues plus de 600km pour être acheminées).

Conséquence qualitative : Le surdimensionnement de la citerne entraîne une stagnation des eaux de pluie. La citerne ne sera jamais totalement vidangée puisque pour cela, il faudrait un épisode de sécheresse totale de plus de 3 mois. Le volume d’eau dans cette citerne va donc varier entre 90m3 (son maximum) et 50m3 (volume après une période de sécheresse de 40 jours. Un volume de 50m3 d’eau de pluie sera présent en permanence dans la citerne. C’est dans ces 50m3 que se déposeront au fur et à mesure des années des matières organiques. La qualité de l’eau sera médiocre.

La courbe ci-dessous présente le volume d’eau de pluie présent dans la citerne (de 90m3) jour après jour (période d’étude de 5 ans).

Je me permets ce petit coup de gueule (parce ce cas de figure est malheureusement habituel) en administrant un carton rouge à la personne qui a conseillé ce maître d’ouvrage. Je félicite néanmoins le maître d’ouvrage pour son action en faveur de la protection de le ressource en eau.

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