Le dimensionnement d’une citerne EP

La théorie des 3 semaines d’autonomie :

Il existe de nombreuses théories sur le dimensionnement du volume d’une cuve de récupération des eaux de pluie dont celle qui consiste à préconiser 3 semaines d’autonomie. Le délai de 3 semaines est présenté comme le délai moyen maximum entre deux épisodes pluvieux. Avoir une cuve qui est égale à 3 semaines de consommation permettrait donc de faire face à ces périodes de sécheresse et de minimiser l’appoint en eau potable.

Si cette théorie, si elle est prise avec des précautions, peut s’avérer plutôt fiable dans le cas de maisons individuelles , elle s’avère très souvent inexacte pour des bâtiments industriels ou collectifs.

Les faiblesses de ce raisonnement :

  1. Il ne prend pas en compte la saisonnalité de la consommation.  Réalisé en fonction d’une consommation annuelle, il ne prend pas en compte la saisonnalité que peut entraîner la consommation d’eau pour l’arrosage par exemple. Ce manque de précision est encore plus marqué pour un établissement scolaire qui est fermé pendant plus de deux mois l’été et lors de chaque vacances scolaires. Idem pour des serres municipales, l’arrosage de terrains de tennis en terre battue, …..
  2. Il ne prend pas en compte la différence de pluviométrie locale. Comme je l’ai indiqué lors d’un précédent blog la pluviométrie peut être variable d’une zone à l’autre à la fois en terme de volumétrie mais aussi de saisonnalité. Si la pluviométrie mensuelle est assez linéaire à Paris, elle est très saisonnière à Nice. La méthode des 3 semaines ne prend en aucun cas ces fluctuations météorologiques.
  3. Il ne prend pas en compte le rapport entre “capacité de récolte” et consommation. Prenons le cas d’une installation de récupération des eaux de pluie sur une station de lavage automobile qui consomme 2000 litres par jour. Dans ce cas, le volume conseillé serait de 2000 litres* 7 jours *3 semaines = 42.000 litres. Si cette station ne possède que de 40m2 de toitures, il faudrait près de 2 ans pour remplir la citerne (si dans le même temps l’eau n’est pas utilisée). Nou svoyons très bien dans ce cas que la méthode des 3 semaines peut entraîner de graves erreurs de dimensionnement.

Comment dimensionner :

Réaliser un dimensionnement impose:

  • de prendre en compte l’ensemble des éléments de “récolte” : pluviométrie, surface de captage, type de toiture, mais aussi de consommation : volume, saisonnalité, ..
  • de réaliser une étude dynamique sur plusieurs années (5 ans minimum). Cette étude consiste à analyser jour par jour les volumes d’eau récoltés et les volumes d’eau consommés. La récolte sera calculée grâce aux données réelles issues de stations météorologiques fiables et la consommation sera intégrée avec une grande précision (jour par jour idéalement).

A l’issue des calculs, nous pourrons déterminer une courbe d’autonomie (cf. ci-dessous) qui présente l’impact du dimensionnement de la cuve sur l’autonomie en eau de pluie. C’est avec cet outil d’aide à la décision que le choix final sera réalisé par le maître d’ouvrage.

Exemple d’une courbe de dimensionnement – Dijon – Immeuble de 500m2 au sol – alimentation des WC pour 150 salariés et arrosage de 50m2 d’espaces verts

Source : www.la-banquise.com

 

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Comments
  • Merci pour toutes les informations de cet article. Il est très éclairant sur un projet de cuve. Je suis bien d’accord sur l’importance du critère de la saisonnalité.